Le Dirty sexe

Les trips crades ou dépraves

Les contextes sont nombreux où l'avilissement du partenaire passe par des pratiques dirty telles : cracher sur son partenaire, uriner dessus dans un jeu de domination/humiliation fétichiste. Nous verrons que les trips sales ou scato sont sans danger sur une peau saine. Tant qu'aux trips plus militaires tels le crapahutage dans la boue sont des plans sûrs. Pour certains adeptes de l'avilissement, la bestialité peut aussi être recherchée.


Salive et crachats

Cracher sur son partenaire est un jeu de domination/humiliation et fétichiste. Cela sert aussi à préparer la baise en lubrifiant le cul (on préférera pour être safe utiliser un gel à base d’eau). Certaines personnes ressentent une forte excitation à se faire cracher sur la gueule ou dans la bouche. Une excitation qui lèvera les inhibitions et permettra de recevoir ce liquide comme une preuve d’amour.

Dans les jeux érotiques hard, la salive abondante ou les crachats peuvent trouver leur place et te poser quelques questionnements. Il ne faut pas trop te soucier à ce sujet : recevoir de la salive de manière plus ou moins directe, en avaler, recevoir des crachats ne présentent pas de risque de transmission du VIH.

En effet, la concentration virale présente dans la salive est trop faible pour causer une contamination. En résumé, tu ne prends pas plus de risque qu'en pratiquant un baiser profond...

Par contre, en ce qui est d'autres germes ou d'autres virus (tel l'hépatite B) le risque existe : commence par te vacciner contre l'hépatite et évite de formuler ce genre de trip si tu as une infection rhino-pharyngée ou une infection virale : tu respecteras ton partenaire, sa santé et la tienne.

Pisse & plan uro

Les jeux érotiques basés sur des plans « pisse » sont de plus en plus recherchés. Ces trips urophiles se pratiquent de nombreuses façons.

Clean ou crades, réciproques ou unilatéraux, en solitaire ou en groupe, avec humiliation dans la domination ou par simple plaisir sensuel. Autant d’approches qui ne reposent pas sur les mêmes fantasmes, mais qui ont toutes un point commun : l’urine. Liquide éminemment génital par sa provenance, l’urine est chez certains aussi « érotique » et « fascinante » que le sperme.

Venant du fin fond de son partenaire ou de soi-même, il en devient précieux et intime. Un psy de service parlerait de fixation au stade anal tandis que d’autres y verront la résurgence d’une scène infantile de « touche-pipi ».

En effet, la première fois que l’on voit un sexe, il se peut très bien que celui-ci soit en train d’uriner. Dans l’urophilie, la transgression de l’interdit maternel est souvent recherchée. En effet, lorsqu’on interdisait à un enfant de se masturber, celui-ci ne pouvait se toucher le sexe que lorsqu’il urinait.


Recevoir de l'urine sur le corps, et plus précisément sur une peau saine, ne présente pas de risque. Il faut savoir que l'urine est stérile si ton partenaire n'a pas d'infection urinaire.
Par contre, avaler de l'urine est déconseillé : en effet si ton partenaire a une infection urinaire ou une ITS (infection transmissible sexuellement), il peut y avoir du sang dans les urines et le risque de transmission du VIH existe. C'est encore plus dangereux si tu en prends dans le cul (et surtout après une sodomie ou un fist). Sur les muqueuses (bouche, gencives, anus, gland) ainsi que sur des seins malmenés, cela peut être dangereux.

Si tu tiens à avaler de l'urine il est souhaitable que ton partenaire :

Ce type de précaution peut diminuer les risques de contamination par des agents bactériens ou viraux. Attention : tu ne dois jamais prendre en bouche une émission urinaire qui aurait été précédée par une éjaculation (sperme présent) et à fortiori si vous avez joué avec des sondes urinaires avant (présence possible de sang dans l'urine liée aux lésions). Nous te mettons en garde face aux trips pisse que tu pratiques dans des soirées avec des gars dont tu ne sais rien et où tu ne vois pas grand chose ! Dans le cadre des Golden Showers Party n'avale pas : tu ne sais pas si le gars a respecté les consignes précédentes ou n'a pas joui juste avant de te rencontrer. Les risques sont alors importants, en particulier face aux IST.

Scatologie

La scatophilie est la plupart du temps l’aboutissement d’une sexualité complexe. C’est un parcours qui peut passer par le milieu SM et cuir sans que ce soit une constante. C’est un cheminement à travers ses fantasmes, une découverte et une recherche au long cours de son désir et de ses capacités.

On peut par exemple n’aimer que voir la merde sans y toucher. Soit le jeu consiste à un étalage sur le corps (la fameuse tartine de Nutella), alors on se met dégueulasse, on se barbouille. Soit intervient un désir d’absorption qui est un fantasme très cérébral et nécessite un apprentissage et le dépassement de toutes répulsions.

Dans le cas de l’absorption, soit la personne recrache, soit elle ingère complètement les fèces. On peut ne manger que ses propres excréments et pas ceux des autres, et inversement. Certains se font chier directement sur la gueule, ou par terre, ou dans une assiette.

Il existe de nombreux risques liés à la merde. Si l’urine est un milieu aseptique, la merde est avant tout des déchets. On y trouve des microbes, des parasites et des virus. Parmi les microbes, on note la présence de colibacilles et de streptocoques ; parmi les parasites, amibes, vers solitaires, oxyures, etc. Les virus ne sont pas en reste avec notamment ceux des hépatites A, B, C, poliomyélite, et bien sûr, tralala, le sida ! De nombreux scat sont d’ailleurs contaminés par l’hépatite C. De plus, certains microbes peuvent être latents chez quelqu’un et être pathogènes pour son partenaire. Il faut donc éviter l’ingestion et les contacts avec les muqueuses, la bouche et les yeux. De plus, les scientifiques supputaient le lien entre fèces et syndrome de Kaposi.

Spermophilie

La spermophilie est l’excitation provoquée par la vue, le contact ou l’ingestion de sperme.Depuis la fin des années 90 on note un développement des fantasme lié au sperme. Comme si le désire reprenait le pas sur la peur du sida après 25 ans de Sida. Qu’il soit avalé ou répandu sur le corps, le sperme est le média principal de nombreux jeux érotiques.

Avec l’apparition du sida dans les années 80, les jeux avec le sperme se sont raréfiés. Le sperme devenait potentiellement contaminant. Le sperme devint prohibé. Cet interdit a castré l’essence même du désir et de la sexualité de la fin du XX ème siècle.

Dès 1996, avec l’arrivée des nouveaux traitements anti-VIH, un courant inverse, appelé le relapse puis le bareback traversa la communauté gay, qui remis en valeur les jeux avec le sperme, entre personnes séronégatives ou non.

Ces jeux, on s’en doute, sont extrêmement dangereux, même entre personnes séropositives puisqu’ils peuvent engendrer des surcontaminations avec des virus résistants aux médicaments anti-VIH. Dans certains pays, ces pratiques, lorsqu'elles ne sont pas consensuelles et explicites sont criminalisées.

Les trips zoophiles

On note depuis la fin des années 90 une demande de plus en plus forte de rapports zoophiles. Il est évident que cette pratique choque beaucoup de monde et que le débat subsiste dans la communauté sur le consentement de l'animal. Nous proposons donc ici une information neutre portant sur l'aspect médical et juridique.

La zoophilie est une pratique consistant à avoir des rapports sexuels avec des animaux. On parlait autrefois de bestialité. Selon le rapport Kinsey, dans les années cinquante, 17 % des garçons américains de milieu rural avaient eu au moins une relation sexuelle avec un animal. En ville, il est vrai, il est plus difficile de se satisfaire à l’aide d’une chèvre ou d’une truie : cela ne court pas les rues. Selon Master et Johnson, la bestialité est issue de la curiosité, du désir de nouveauté ou d’un désir de détente sexuelle lorsqu’il n’y a pas d’autres partenaires disponibles ».

Les actes courants de la pratique zoophile sont la masturbation de l’animal (zoo fellation), l’introduction de la verge de l’animal dans le vagin ou l’anus, ou la pénétration de l’animal par les mêmes voies. Il en existe de très nombreuses variantes. La cynophilie (avec chien) est certainement la plus répandue. On peut étaler la nourriture préférée de son chien-chien adoré sur ses parties génitales afin de se les faire lécher ou s’introduire des croquettes dans la cul puis se faire brouter la minette par minou. Certains préfèrent les oiseaux, les fourmis et les insectes (formicophilie et insectophilie) ou encore les serpents (« Quoi de plus phallique qu’un serpent ? »). L’olphidicisme est une pratique sexuelle impliquant des serpents, reptiles et certains poissons. La simiophilie concerne les singes. D’autres personnes fantasment en observant des animaux s’accoupler. Le zoo scat est également un fantasme couru.

Le risque et la bestialité

La transmission de maladies avec la zoophilie, le VIH ne concerne que l'homme (VIH = virus d'immunodéficience Humaine). Des animaux peuvent être séro+, mais avec un virus qui leur est propre et non transmissible à l'homme (dont le chat, le singe). Pour les autres maladies, elles restent spécifiques aux animaux mais certaines sont transmissibles à l'homme parce que communes (l'hygiène des animaux vaut ce qu'elle vaut et n’est pas toujours au top).

Il est par contre important de préciser quelques points juridiques qui engagent les propriétaires des animaux. Ces données sont françaises. Nous n'avons pas encore toutes les données légales : elles varient selon les pays.

Les mauvais traitements envers les animaux domestiques ou apprivoisés ou tenus en captivité sont punis d’une amende de 750 euros (Article R. 654-1 du code pénal). Le tribunal peut décider de remettre l’animal à une association de protection reconnue d’utilité publique. La mort d’un animal, qu’elle soit volontaire ou non, est également réprimée (Art. R. 653-1 et R. 655-1 du code pénal).

Les sévices graves envers les animaux, qu’ils soient commis en public ou non, sont punis de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Il peut être interdit, à titre définitif ou non, de détenir un animal (Art. R4. 521-1 du code pénal). Il est inutile de vous dire que, si certains zoophiles prêchent pour le plaisir de l'animal, et montrent, essentiellement, des actes où ils subissent leurs assauts, cette pratique soulève pour beaucoup rejet dans la communauté gaie. Cette pratique n'éveille pas de consensus, reste très marginale et sujette à nombre d'opposition (alors que le dogtraining humain est un trip légitimé du fait de la conscience aiguë de la personne acceptant de rôle de ravalement au règne animal). Placez vos avis dans le Forum.
** Les textes originaux revisités ou complétés dans la rubrique Hard & SM de Safeboy proviennent en tout ou partie du Guide du Sexe Gai d'Éric Rémes (aux éditions Balland, 2003). Leur droits furent acquis pour un usage exclusif sur nos éditions. ©2003 Association Com on west

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